PROTECTION DE L’ENFANCEÀ 18 ans, la vie ne devient pas soudainement plus simple. Pour les jeunes accompagnés par l’Aide sociale à l’enfance, le passage à la majorité peut représenter une étape particulièrement délicate. Comment construire son avenir lorsque l’on doit apprendre à devenir autonome sans toujours disposer des ressources et du soutien nécessaires ?
Devenir adulte ne devrait pas signifier se retrouver seul
À 18 ans, beaucoup de jeunes peuvent compter sur leur famille pour les aider à trouver un logement, financer leurs études, traverser une période difficile ou simplement demander conseil.
Pour les jeunes qui ont grandi avec un accompagnement de l’Aide sociale à l’enfance (ASE), cette transition peut être bien différente. Certains doivent apprendre à gérer leur budget, rechercher un logement, poursuivre une formation et effectuer leurs démarches administratives alors même qu’ils ont encore besoin de repères et de soutien.
Le passage à la majorité ne fait pas disparaître les difficultés rencontrées pendant l’adolescence. Il ne fait pas non plus apparaître, du jour au lendemain, toutes les ressources nécessaires pour avancer sereinement.
Des parcours qui ne se ressemblent pas
Derrière chaque parcours, il y a une histoire singulière. Certains jeunes savent déjà ce qu’ils souhaitent faire. D’autres ont besoin de temps pour reprendre confiance, découvrir leurs possibilités ou envisager un projet professionnel.
Les difficultés peuvent s’accumuler : accès au logement, précarité financière, santé, formation, isolement ou absence de réseau sur lequel s’appuyer.
Dans une étude publiée le 13 janvier 2026, le Défenseur des droits souligne les inégalités territoriales qui persistent dans l’accompagnement des jeunes majeurs sortant de l’ASE. La continuité du soutien constitue un enjeu essentiel pour prévenir les ruptures de parcours.
Consulter l’étude du Défenseur des droits
Retrouver des repères pour construire son avenir
Accompagner un jeune vers l’autonomie, ce n’est pas décider à sa place ni attendre de lui qu’il sache déjà tout faire. C’est lui permettre d’expérimenter, de prendre des initiatives, de comprendre ses possibilités et de progresser à son rythme.
Un cadre sécurisant, des adultes de confiance, des expériences concrètes et des objectifs accessibles peuvent contribuer à redonner du sens à un parcours.
Il ne s’agit pas d’effacer le passé, mais de permettre au jeune de ne pas être défini uniquement par celui-ci.
Changer de regard sur l’autonomie
L’autonomie ne se décrète pas. Elle se construit progressivement, à travers des expériences, des rencontres et la possibilité de faire des choix.
Pour les professionnels de la protection de l’enfance, les associations et les acteurs de l’insertion, l’enjeu est de proposer des réponses adaptées aux besoins de chaque jeune, sans réduire son avenir à ses difficultés actuelles.
Chez Je Mise Sur Toi, cette réflexion rejoint une conviction essentielle : chaque jeune doit pouvoir être considéré dans sa singularité et disposer d’occasions concrètes pour envisager la suite de son parcours.
L’objectif n’est pas de promettre un chemin sans obstacles, mais d’ouvrir des perspectives et de créer les conditions pour avancer.